Conférence de podologie Paris la Villette : approche ostéopathique du syndrome de Morton


APPROCHE OSTEOPATHIQUE DU SYNDROME DE MORTONjerome spano conference paris la vilette octobre 2013.jpg

1ère diapositive :

• Présentation : Spano jerome, ostéopathe, diplomé du COP depuis 2005.

• Historique : il y a 9 ans, j ai eu la chance de pouvoir suivre un stage au sein du cabinet podologique de Corine FERRARI. Celui-ci m’ a permis d’avoir une vision du travail des podologues, de l’apport de la podologie pour un ostéopathe et inversement. Au fur et à mesure des consultations, un motif revint fréquemment ; Le syndrome de MORTON. La proposition des différents traitements, plus ou moins contraignants, m’a donné envie de faire mon étude de fin de cursus ostéopathique sur l’apport de notre pratique lors de traitements de

cette pathologie.

• Etude : Cette étude m’a permis d’élaborer un protocole de traitement à effectuer lorsqu’un patient se présente avec un syndrôme de Morton. Attention, ma recherche basée sur une batterie de tests m’a donné un aperçu des dysfonctions ostéopathiques lors d’un Morton, mais elle n’était qu’à visée informative car sans comparaison avec un groupe témoin.

 

2ème diapositive : Vision ostéopathique des origines du syndrome de Morton20131008-002935.jpg

• Rappel : un névrome de Morton est une fibrose du nerf digital plantaire du troisième espace inter-métatarsien. La fibrose se créant en secondaire, après qu’un œdème soit apparu au niveau de l’enveloppe du nerf (plus particulièrement au niveau de l’endonèvre). Les raisons de l’apparition de cette inflammation peuvent être multiples.

• Divers facteurs peuvent être à l’origine de cette pathologie :
1. Le plus fréquemment évoqué est la chaussure trop étroite
2. La perte de capacité d’évasement de l’avant-pied lors de la marche (pied rond), ceci suite à un enraidissement musculaire et des restrictions de mobilité au niveau des os de l’arche de l’avant-pied, cette hypomobilité provoquant un appui répété sur le nerf à l’origine de l’inflammation.
3. Un syndrome canalaire ; atteinte du nerf par enclavement sous le ligament inter-métatarsien, au dessus de l’aponévrose plantaire superficielle et comprimé latéralement par les têtes des matatarsiens constituant le troisième espace.
4. Un syndrome de double crush.

 

3ème diapositive : Syndrome de double crush20131008-002927.jpg

Une compression proximale sur le trajet d’un nerf rend celui-ci plus sensible à une autre compression plus distale. Une compression nerveuse étagée devra être recherchée, et ceci sur la totalité du nerf périphérique.
Normalement, un nerf a une capacité de mouvement et de glissement. Lors de la marche et des différents gestes du corps il se déplace pour s’adapter aux mouvements des structures avoisinantes (articulations, muscles, ligaments…).
Une compression proximale aura pour effet une diminution de la capacité de glissement, ce qui pourra provoquer une lésion par traction interférant avec la vascularisation intra-neurale. Ces lésions peuvent entrainer aussi des réactions inflammatoires chroniques et être à l’origine d’adhérences entre l’épinèvre et les structures de voisinage, dans notre cas, un névrome.

C’est sur ce syndrome de double crush que réside l’intérêt du traitement ostéopathique.

 

4ème diapositive : Prise en charge ostéopathique du névrome de Morton20131008-002919.jpg

Travail sur la mobilité du nerf interdigital et de son origine rachidienne :
Après avoir testé, en mobilité et en palpation, les différentes zones possibles d’enclavement du nerf sur son trajet, l’ostéopathe va commencer par un travail local sur le névrome et ses adhérences au niveau du troisième espace inter-métatarsien.
Il portera ensuite son attention sur la capacité d’évasement du pied.
Il effectuera alors un travail régional en rapport avec les zones fréquemment responsable de compression.
Ces zones pouvant être :
• Le canal tarsien (face interne de la cheville)
• Le creux poplité (grande arcade du muscle solaire)
• Le foramen infra-piriforme
• La grande échancrure sciatique
• Le rachis lombaire (racine du nerf)

 

5ème diapositive : Travail local ostéopathique du syndrome de Morton20131008-002912.jpg

• Défibrosage : Il s’agit d’un travail de ponçage et d’étirement dans tous les plans de la zone ou est localisé le névrome. On recherche un assouplissement de la zone oedématiée et on remarquera un récupération de mobilité des structures osseuses avoisinantes.

• Mobilité du nerf : On positionne le pied de manière à creuser la voute, ceci permettant d’aller plus en profondeur entre les deux métatarsiens. A la recherche d’une ligne, d’une zone indurée ou d’un point douloureux. Le nerf est mis en compression puis on le mobilise en accompagnant le mouvement engendré par la respiration et/ ou le MRP.

 

6ème diapositive : Travail régional ostéopathique du syndrome de Morton au niveau de la cheville20131008-002904.jpg

Dysfonction de talus : Une entorse, une marche ratée, une hyper-extension du pied, ont pour effet d’amener le talus en dysfonction. Cet os, avec la pince bi-malléolaire, permet, par sa mobilité, les mouvements de flexions plantaire et dorsale
Le talus, lors d’une dysfonction, se retrouve antérieur, postérieur, ou en compression.
De part le fait que le talus entre dans la constitution du canal tarsien, il est nécessaire de le traiter comme suit.

Pour cela, nous restaurons une mobilité entre le talus et la pince bi-malléolaire, en créant une décompression au niveau de l’articulaire talo-crurale.

 

7ème diapositive : Travail régional ostéopathique du syndrome de Morton au niveau de la cheville20131008-002842.jpg

Dysfonction de la sub-talaire : Cette articulation entre la face inférieure du talus et la face supérieure du calcanéus, permet les mouvements d’inversion (pronation) et d’éversion (supination).
On retrouve deux dysfonctions ostéopathiques possibles :
Lorsque l’articulation est en inversion, le talus est postéro-externe et quand il est en inversion, il est antéro-interne, c’est le cas inverse pour le calcanéus. Cette articulation est importante car étroitement en rapport avec le canal tarsien, le nerf tibial passant sous le ligament talo-calcanéen.

Pour cela, nous restaurons une mobilité entre le talus et la calcanéus , en créant une majoration/ décompression des paramètres de mobilité entres ces deux os.

 

8ème diapositive : Travail régional ostéopathique du syndrome de Morton au niveau du genou20131008-002832.jpg

Travail du creux poplité : L e creux poplité est une zone de compression fréquente, en particulier au niveau de la grande arcade du muscle soléaire. On effectuera un travail sur le muscle et les aponévroses présentes, en ayant pour objectif de sentir un relâchement et une meilleure élasticité de la zone. Pour cela, nous allons différencier les corps musculaires du muscle soléaire et effectuer un travail de traction opposé.

 

9ème diapositive : Travail régional ostéopathique du syndrome de Morton au niveau du genou20131008-002822.jpg

Dysfonction de la tête fibulaire : On teste la mobilité de la tête de la fibula par rapport au tibia et on traite si l’on trouve un paramètre restreint, ceci car à l’arrière de la fibula on trouve la bifurcation du nerf sciatique donnant le nerf tibial et le nerf fibulaire commun passant en arrière et sous l’articulation en traversant la membrane interosseuse, possible zone d’emprisonnement.

On effectuera une flexion de genou en mettant en opposition la main afin de provoquer un appui et décomprimer l’articulation.

 

10ème diapositive : Travail ostéopathique sur le nerf sciatique20131008-002813.jpg

Relâchement du muscle piriforme : Le nerf sciatique passant dans le foramen infra-piriforme est susceptible d’être comprimé, pour éviter cela, nous ferons une technique de « contracte/ relâche » du muscle ;
Nous travaillerons aussi les os du bassin par rapport au passage du nerf sciatique au niveau de la grande échancrure sciatique.
Enfin, nous traiterons les lombaires par rapport à l’origine du nerf sciatique, les racines L4-L5, L5-S1 passant au niveau des trous de conjugaison formés par ces vertèbres.

 

11ème diapositive : Prise en charge ostéopathique globale20131008-002804.jpg

Travail sur la dynamique pelvienne : Il consiste à redonner de la mobilité aux articulations du bassin lorsque celles-ci présentent une restriction de mobilité.

Travail sur la dynamique du rachis lombaire : même principe au niveau articulaire, on travaillera aussi sur les muscles s’insérant sur les lombaires, très importants à ce niveau.

Travail sur l’axe cranio-sacré : la dure-mère, enveloppe du système nerveux se continue sur les racines des nerfs périphériques, d’ou l’intérêt d’équilibrer les tensions de celle-ci.

Travail sur la posture générale du patient : un trouble postural pourra favoriser l’apparition de points de compression.

 

12ème diapositive : Prise en charge du patient20131008-002750.jpg

Le nombre de séances varie en fonction du parcours clinique du patient ; Pour une personne chez qui le diagnostic est posé, nous faisons une première séance, on l’oriente ensuite vers un podologue qui lui élabore une paire de semelles (de ce fait le patient ne présente pas de dysfonctions ostéopathiques pouvant paralyser le traitement podologique). On le revoit une dizaine de jours après la séance, et une nouvelle fois deux semaines après.
Attention, il semble qu’il est important de communiquer et collaborer entre les différentes disciplines afin d’apporter un travail complémentaire et plus efficace.

 

13ème diapositive : Conclusion20131008-002743.jpg

Le travail ostéopathique local a un effet direct sur la zone et la douleur.
Le travail ostéopathique sur le trajet et la mobilité du nerf aura pour effet une diminution de la sollicitation locale et un effet sur les flux neuraux ( système neuro-vasculaire et axono-plasmique).
Ces deux actions, avec l’apport de la podologie et de la rhumatologie, auront pour effet de diminuer l’inflammation, donnant une chance importante de réussir à traiter totalement le syndrome de Morton, et d’éviter les techniques chirurgicales.